Translated by Sophie Chevalier and Emmanuelle Lallement
À première vue, la scène du marché de Makola n’a rien de vraiment particulier : des milliers, voire des centaines de milliers de personnes déambulent en plein air, parfois épaule contre épaule, dans les rues d’une zone qui couvre plusieurs pâtés de maisons, passant devant des étals de for-tune composés d’un simple carton sur lequel des marchandises sont exposées, ou devant des stands un peu plus élaborés, protégés par un parapluie portant la marque d’une société de télécommunication probablement disparue. À l’intérieur du « nouveau » marché, on suit un labyrinthe de couloirs sur plusieurs étages, certains ouverts à l’air libre, d’autres non ; ici, des vendeurs de poissons, des marchands d’épices installés près d’un conteneur métallique converti en moulin; là, des femmes présentent des tissus empilés jusqu’au plafond, à côté de couturières qui peuvent vous confectionner une chemise sur place. À l’étage, on trouve encore des vêtements, des appareils électro-ménagers, des articles en plastique... Le « vieux » bâtiment du marché se présente à peu près de la même manière...
...Mais si l’on y regarde de plus près, quelque chose de bien particulier se déroule dans cet espace du marché, théâtre d’une activité commerciale si humaine. J’ai déjà mentionné plus haut les fameuses compagnies de télé-communication. On peut en effet apercevoir des antennes-relais de télépho-nie à chaque pâté de maisons, voire à chaque demi-pâté de maisons. Les gens sont littéralement accrochés à leur téléphone portable. Nous sommes après tout au pays de l’argent mobile ; les systèmes de paiement en ligne sont partout présents en Afrique subsaharienne. Inaugurés en 2007 par l’opérateur de réseau mobile du Kenya, Safaricom, avec son service M-Pesa1 qui a fait couler beaucoup d’encre, ils inondent le marché. À Accra, le mot « Momo » (mobile) est sur toutes les lèvres.
Cependant, et c’est le fait remarquable, tout le monde paie ici en espèces.
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English version available on Supplemental Material tab.
At first glance, the scene at Makola Market seems unremarkable: thousands, perhaps hundreds of thousands, of people stroll through the open air, sometimes shoulder to shoulder, in the streets of an area spanning several city blocks, passing makeshift stalls consisting of simple cardboard boxes displaying goods, or slightly more elaborate stands sheltered by umbrellas bearing the logo of a likely defunct telecommunications company. Inside the "new" market, one follows a labyrinth of multi-story corridors, some open to the air, others not; here, fishmongers, spice merchants set up near a metal container converted into a mill; there, women display fabrics piled to the ceiling, next to seamstresses who can make you a shirt on the spot. Upstairs, one finds more clothing, household appliances, and other items...
...On the other hand, however, there is something quite remarkable about this space, this all too human scene of commercial activity. I’d mentioned the telco companies. You can see cell phone towers every block or so, or even every half block. People clutch mobiles. This is the land of mobile money, after all, the mobile phone based payment systems ubiquitous across sub-Saharan Africa, inaugurated in 2007 by Kenya’s mobile network operator, Safaricom, with its much-vaunted M-Pesa service. “Momo” is on the tip of the tongue here in Accra.
Yet everyone is paying with cash.